Rencontre avec une auteure Catherine Cuenca

Rencontre avec une auteure Catherine Cuenca

Le mardi 10 novembre, Catherine Cuenca, écrivaine, est venue à Jean Moulin à la rencontre de deux classes du collège. Née le 1er avril 1982 à Lyon, elle commence à écrire dès l’âge de 8/9 ans. Mais ce n’est qu’à 14 ans qu’elle envisage de faire de sa passion son métier. Après des études d’histoire, elle travaille quelques années en tant que bibliothécaire, puis se lance à temps plein dans le métier d’écrivain.

Son premier roman ? Elle n’a que 19 ans lorsqu’elle le publie. Il s’intitule « La marraine de guerre ». Rapidement, il obtient un vif succès.

Son livre préféré ? « Sœurs de guerre », qui vient de paraître, lui tient beaucoup à cœur. Il n’a pas été facile de convaincre ses éditeurs de la soutenir sur ce projet. Ce roman retrace une profonde histoire d’amitié entre deux jeunes femmes, dans la Russie de la Seconde Guerre mondiale.

Sa démarche ? Nous pensons souvent que les écrivains ne prévoient que rarement la fin avant le début de l’écriture et que ce sont les éditeurs qui s’adaptent à leurs envies… ce n’est pas totalement la vérité. Catherine Cuenca nous explique que souvent le thème même du livre leur est dicté. En effet, cela fait déjà quelques années qu’elle souhaite évoquer la guerre de sécession dans un de ses romans mais elle n’a jamais pu concrétiser ce rêve car “aucun éditeur n’en voudrait”.

Et les éditeurs dans tout ça ? Les maisons d’édition jouent un rôle très important dans la création d’un roman : il faut d’abord leur envoyer un résumé, puis, lorsqu’il a été approuvé, le roman lui-même. Ensuite, ils indiquent ce qu’ils pensent du livre et demandent parfois des modifications. Enfin, ce sont les designers à qui ils font appel qui choisissent l’image de couverture. Mais cela ne semble aucunement déranger Catherine Cuenca qui nous explique : “le choix de la couverture, par exemple, est très subjectif. Je pourrai choisir une image qui n’atteint pas le bon type de public et ainsi diminuer ses chances de succès”.

En combien de temps écrit-elle ses livres ? En moyenne 6 à 8 mois pour un livre assez complexe. Mais “Celle qui voulait conduire un tram”, a été rédigé en environ 4 mois.

Un résumé de ce livre ? « Celle qui voulait conduire un tram » met en scène une jeune femme, Agnès, qui, pendant la première guerre mondiale, (lorsque les hommes sont mobilisés), va remplacer un homme au poste de wattwomen. Elle conduit donc le tram lyonnais tout le long de la guerre. Seulement, lorsque l’armistice est signée, elle se fait renvoyer et doit reprendre la place à l’usine qu’elle occupait avant la guerre. Après cela, elle se questionne, remet en cause les comportements sexistes dont elle est victime et s’engage dans un mouvement féministe. C’en est trop pour son mari, qui l’assassine.

Une fin préméditée ? Catherine Cuenca souhaitait retranscrire la triste réalité historique. Il était rare à l’époque de voir les maris soutenir leurs femmes dans leur quête d’indépendance.

Pourquoi avoir choisi le métier de wattwoman ? Si c’est un choix de métier qui vous étonne, sachez que c’est la raison pour laquelle Catherine Cuenca l’a choisi. Elle voulait parler d’un métier original, d’un métier dont on ne parle pas souvent, contrairement aux métiers dans les usines ou les champs, où les femmes ont remplacé les hommes pendant la guerre. De plus, le symbole d’une femme conduisant un tram, ayant donc des responsabilités importantes, lui plaisait. A l’époque, personne ne croyait les femmes capables d’endosser de telles responsabilités.

Sa méthode de travail ? Afin de rester concentrée, elle a besoin de calme et s’aide parfois en mettant des musiques de l’époque dans laquelle se déroule l’histoire de son roman. Cela lui permet de se mettre dans “l’ambiance” du récit.

Un conseil pour les écrivains en herbe ? « Lancez-vous ! N’ayez pas peur d’écrire. »

Merci à Catherine Cuenca d’avoir répondu à nos questions, c’était une rencontre enrichissante qui nous a beaucoup appris sur le métier d’écrivain. Nous conseillons à tous ses livres. Cela ne fait aucun doute, vous allez adorer.

Manuela et Marine.